Sur la côte ouest de la Manche
Du samedi 26 juin au dimanche 26 septembre 2010.
A l'invitation du Point du Jour, Maxence Rifflet a travaillé depuis 2007 le long de la route dite "touristique" qui relie Cherbourg et Coutances par la côte.
Depuis sa voiture, le voyageur contemple des sites naturels et découvre les activités qui façonnent le paysage : légumes de sable, élevages de pré-salé, ostréiculture. Mais cette route est aussi une rupture dans le territoire : elle traverse des sites protégés et institue une séparation entre le bocage et le littoral. La route figure ainsi les tensions entre le spectacle de la nature et une inquiétude écologique.
Pour le photographe, l'attitude contemplative ne s'oppose pas à son propos documentaire, elle le renforce. Cette vue de dune est un jeu de vibration de la lumière mais l'image renseigne sur l'actualité de l'érosion des côtes. Quant au portrait de cet ostréiculteur au travail, il associe la description d'un geste à la puissance suggestive d'un flux s'échappant d'un mystérieux contenant.
En empruntant la route, Maxence Rifflet a trouvé un chemin. Son parcours sur la côte ouest de la Manche fait appel à des qualités de funambule. Nous avançons avec lui en équilibre sur un fil, entre une mer et un département, par les champs et par les grèves, tandis qu'un espace mental, imaginaire prend forme.
Maxence Rifflet, né en 1978, vit à Aubervilliers.
Entre 2002 et 2006, il a réalisé un ensemble d'images en Chine dans la vallée du Yangtsé puis dans la ville de Chengdu. Ce travail, exposé aux Rencontres d'Arles en 2006, documente les mutations de ces territoires et les nouveaux modes d'appropriation de l'espace public qui s'y inventent.
Il s'est aussi impliqué dans plusieurs projets du groupe de travail issu du séminaire Des territoires, animé par Jean-François Chevrier : exposition « Des territoires, 2001 », École nationale supérieure des beaux-arts de Paris ; cycle d'expositions à la Maison populaire de Montreuil, 2002-2004 ; exposition « Champs d'abondance », Galerie Dix9, Paris, 2009.
Parallèlement à ces travaux, il provoque des situations d'expérimentation artistique au sein de structures pédagogiques. Le livre Fais un fils et jette-le à la mer, publié en 2004 avec Yto Barrada et Anaïs Masson, retrace une expérience menée à Marseille et à Tanger avec des adolescents marocains dont la pratique photographique devient l'enjeu d'une interrogation sur l'immigration clandestine. Il a récemment publié Correspondances à la suite d'une résidence au collège de Nonancourt dans l'Eure.
Une route, un chemin est sa première exposition personnelle, accompagnée d'un livre.
Elle bénéficie du soutien de Neuflize Vie.
L'exposition Boucles de la Seine issue d'une seconde résidence de Maxence Rifflet en Normandie est présentée simultanément par le Pôle Image Haute Normandie du 4 juin au 26 septembre 2010. Un livre est édité par Le Point du Jour à l'occasion de ces deux expositions. Dernière parution
Ces deux expositions, ainsi que le livre qui les accompagne, bénéficient du soutien de Normandie Impressionniste.
Pour en savoir plus sur Normandie Impressionniste
Primaire
Collège
Lycée

Maxence Rifflet
Chemin des
douaniers, Landemer, mai 2007
tirage argentique noir et blanc, 158,6 x 194 cm

Maxence Rifflet
Dune mobile
percée par la marée, Blainville-sur-mer, vendredi 7 mars 2008
tirage argentique noir et blanc, 114,5 x 91,4 cm

Maxence Rifflet
Le remplissage de la trémie,
hangar ostréicole, Blainville-sur-mer, mars 2008
tirage C-print 91 x 113 cm
