Séminaire photographique

La Maison du geste et de l'image, l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Le Point du Jour s'associent pour filmer et diffuser les séances du séminaire photographique proposé par l'école doctorale en histoire de l'art de l'université Paris 1.


Ouvert à tous, ce séminaire vise à confronter la recherche universitaire et les expériences artistiques actuelles. Chaque séance, dans l'auditorium de la Maison du geste et de l'image, prend la forme d'un entretien public avec un artiste.


En collaboration avec Le Point du Jour, le séminaire photographique est dirigé par Michel Poivert, professeur à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et Francis Jolly, directeur adjoint de la Maison du geste et de l'image.


Avec le soutien de Olympus.


Le programme du séminaire en 2015/2016 :


jeudi 15 octobre - Olivier Culmann
jeudi 19 novembre - Vasantha Yogananthan
jeudi 10 décembre - George Dupin
jeudi 14 janvier - Frédéric Leterrier, Hommage à Lynne Cohen
jeudi 11 février - Dorothée Smith
jeudi 24 mars - Aurélie Pétrel
jeudi 14 avril - Clarise Hahn
jeudi 26 mai - Maxence Rifflet

télécharger le programme


Maison du geste et de l'image
42 rue Saint Denis
75001 Paris
Entrée libre



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Entretien de Michel Poivert avec Maxence Rifflet

Jeudi 26 mai 2016 à 18h


Maxence Rifflet est enseignant à l'école supérieure d'art et médias de Caen-Cherbourg et membre du groupe Rado. Né en 1978, il vit à Aubervilliers. Depuis une quinzaine d'années, son travail photographique conjugue des travaux personnels et une activité dans le champ social.
Au sein du groupe Rado, il a répondu, entre 2011 et 2014, à une commande publique du CNAP (Centre nationale des arts plastiques) sur le pays de Tulle sur une invitation de Peuple et culture Corrèze. Ce projet s'est concrétisé par une double exposition, à l'église Saint-Pierre de Tulle et au Centre international d'art et du paysage de Vassivière. À l'été 2010, il a présenté deux expositions personnelles au centre d'art Le Point du Jour et au Pôle-image haute-Normandie. Le livre Une route, un chemin a été publié à cette occasion. En 2006, il expose à Arles un ensemble d'images sur les mutations de la vallée du Yangtsé en Chine. Il participe à l'exposition Des territoires en 2001 aux Beaux-arts de Paris ainsi qu'à un cycle d'expositions sur la ville de Montreuil à la Maison populaire entre 2002 et 2004. Il réalise par ailleurs de nombreux projets d'expérimentation artistique au sein de structures pédagogiques depuis 2000. Le livre Fais un fils et jette-le à la mer, publié en 2004 avec Yto Barrada et Anaïs Masson, retrace une expérience menée à Marseille et à Tanger avec des adolescents marocains dont la pratique photographique devient l'enjeu d'une interrogation sur l'immigration clandestine.
Il travaille actuellement à un projet sur l'architecture carcérale envisagée comme machine optique. Ce faisant il traite du rapport problématique de la prison aux images.


Site de Maxence Riflet





Entretien de Michel Poivert avec Clarisse Hahn
Jeudi 14 avril 2016 à 18h


Artiste et réalisatrice née en 1973 à Paris, Clarisse Hahn poursuit à travers ses films,
ses photographies et ses installations vidéo, une recherche documentaire sur les
communautés, les codes comportementaux et le rôle social du corps. Elle est diplômée de l'école des Beaux-Arts de Paris et titulaire d'une maîtrise d'Histoire de l'Art à la Sorbonne et a collaboré en tant que critique d'Art aux revues : Art press, omnibus, Bloc Notes, Crash.
En 2002, le Mamco (Genève) lui consacre sa première exposition personnelle. Elle réalise de nombreuses vidéos, ainsi que des photographies, qui circulent dans des expositions internationales : Palais de Tokyo, Centre Pompidou, Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Museo Reina Sofia Madrid, Guggenheim Bilbao, Arts Santa Monica Barcelone, Miami Art Central USA, Biennale internationale de la photographie de Bogota Colombie, South London Gallery Royaume-Uni etc.
En 2003, elle réalise Karima (98 min), une vidéo sur la vie quotidienne d'une dominatrice sadomaso, qui circule tant dans des lieux d'expositions comme le Palais de Tokyo, que dans des festivals comme le FiD Marseille.
En 2005, elle obtient le Prix Gilles Dusein pour l'ensemble de son travail. La même année, elle réalise Les protestants (85 min), une vidéo sur les rites et rassemblements de la bourgeoisie protestante.
En 2008, le Musée d'art moderne de la ville de Paris lui consacre une exposition
personnelle, où elle expose l'installation vidéo Boyzone (travail en progrès, 1998 / 2014 /...), consacrée aux groupes masculins. La série Boyzone a également donné lieu à des
expositions personnelles à Londres (T1 2 artspace) et à Mexico (PETRA).
Son film Kurdish lover (2010) sort dans les salles de cinéma en septembre 2012. Il obtient de nombreux prix (Prix du public et le Prix du film français au festival international
Entrevues de Belfort, le prix du Meilleur film de la compétition internationale à Forumdoc,
Clermont-Ferrand etc). Elle réalise Notre corps est une arme (2012), une série de trois installations vidéo tournées en France, au Mexique et en Turquie. La série est exposée pour la première fois à la galerie Jousse entreprise et remporte le grand prix de la compétition internationale au festival Fest curtas. BH, Brésil et le Prix du meilleur film court de la compétition internationale au Milano film festival en Italie.
Ses ?uvres photographiques et vidéos figurent dans les collections du CNAP, du musée
National d'Art Moderne et du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.
En 2014, la Cinémathèque Française consacre une rétrospective à ses vidéos, dans le cycle « cinéma d'avant garde » de Nicole Brenez.
Clarisse Hahn est représentée par la galerie Jousse Entreprise à Paris, qui lui a consacré plusieurs expositions personnelles de photo et vidéo.


Site de Clarisse Hahn





Entretien de Michel Poivert avec Aurélie Pétrel
Jeudi 24 mars 2016 à 18h


Aurélie Pétrel est née à Lyon en 1980 et travaille actuellement entre Paris et Genève. Son travail est représenté par la Galerie Houg (Paris FR), Gowen Contemporary (Genève CH) et le duo qu'elle forme avec Vincent Roumagnac par la galerie Escougnou-Cetraro (Paris FR). Elle est professeure et responsable du Pool Photographie à la HEAD-Genève et est un des membres fondateurs des laboratoires de recherche et de création A Broken Arm et Échos.


Au gré des rencontres et des collaborations, les ?uvres d'Aurélie Pétrel ne cessent de questionner l'image, son statut, sa (re) présentation et son activation, ses processus de production. L'artiste ne se dit pas photographe : elle déconstruit, retisse, interroge aux
confins des média. En explorant les marges, elle fait naître un parcours faisant résonner le matériau photographique dans un dialogue à mille voix. Comme une dialectique du même et de l'autre, elle décline sans jamais répéter, révèle ce qui est là, en creux, ne
montre pas. Mais Aurélie Pétrel est photographe : les enjeux de ses prises de vue ne sont jamais anodins. Leur déclenchement donne l'impulsion d'une écriture en partition, il est le mouvement premier qui rend possible tous les suivants.


Aurélie Pétrel travaille en atelier, sa démarche est construite autour de la notion de partition photographique et donne lieu à des installations à une échelle tridimensionnelle, transférant la planéité de « prises de vue » latentes au volume et à l'architecture. La notion de partition photographique s'entend dans la double définition du mot « partition ». La première renvoie à la composition musicale et à son système de notation, la seconde, relève de la division, du partage, de la redistribution.


Aurélie Pétrel





Entretien de Michel Poivert avec Dorothée Smith
Jeudi 11 février 2016 à 18h à la mgi

Née en 1985 à Paris.


À la frontière de la photographie, du cinéma et de l'installation, son travail observe et
manipule la notion d'identité à travers ses constructions, déconstructions, délocalisations, mues... Sa pratique est traversée par une directe mise en jeu de corps en cours de transition - d'un état à un autre, d'un statut à un autre, d'un genre à un autre, d'une fonction à une autre, d'une époque à une autre. Son travail photographique, publié
récemment par les éditions Filigranes (Löyly , 2013), présente des corps illisibles,
indéterminés, et met en jeu la représentation fragile du passage, du transit, de la
traversée. Ses films et ses installations s'approprient les nouvelles technologies de
captation et de transmission d'images et de données, pour explorer la question de la
«hantise», la figure du spectre, et la possibilité de sa représentation.


Ainsi, son moyen-métrage Spectrographies explore les liens secrets qu'entretiennent les
fantômes, les nouvelles technologies (du cinéma aux techno-télé-communications), et les
histoires d'amour. Son installation Cellulairement réalisée en 2012 au Fresnoy,
Studio National des Arts Contemporains, met le corps de l'artiste à disposition des
fantômes : à travers un vêtement de chaleur, créé spécialement par le CNRS, et une puce électronique implantée dans son bras, l'artiste ressent en temps réel, sur sa peau, à distance, la présence des visiteurs qui traversent son installation, lui permettant d'être
littéralement « hantée » par eux.


Smith travaille actuellement sur un nouveau projet, qui sera en partie exposé à la galerie
les Filles du Calvaire en février 2015, intitulé TRAUM. Composé d'un court-métrage,
d'un spectacle de danse, d'une installation et d'une série de photographies ayant été
présentée aux Rencontres d'Arles 2015, ce travail interroge la notion de « plasticité
destructrice », et les stratégies oniriques de survie au trauma, à travers des phénomènes
de métamorphose. L'art, la science et la philosophie cohabitent ainsi dans une démarche
transdisciplinaire, que Smith poursuit à travers un doctorat à l'Université du Québec à
Montréal et au Fresnoy.


Site smith.pictures



Entretien de Michel Poivert avec Frédéric Leterrier
Précédé de la projection de Lynne Aperçue (2013, 59 min.)
Hommage à Lynne Cohen
jeudi 14 janvier à 18h



Pendant trois ans, Frédéric Leterrier a accompagné Lynne Cohen à travers une correspondance, sur les lieux qu'elle a photographiés ou alors qu'elle réalise de nouvelles prises de vue. Ses photographies montrent des espaces intérieurs sans figure humaine dont le décor comme la fonction semblent souvent si incongrus qu'ils en deviennent comiques. Mais on y sent aussi une présence, potentiellement inquiétante, un contrôle qui s'exerce sur les corps. Les lieux figés au présent suggèrent un avant et un après. Le film donne à voir le dispositif imposé par Lynne Cohen : usage de la chambre, précision du cadrage, temps de pose longs. C'est la recherche d'une juste distance où le corps autant que l'imaginaire sont engagés. De manière équivalente, s'établit avec le cinéaste une relation faite d'intimité et de réserve. Dans Lynne Aperçue, l'image procède avant tout d'une expérience commune inscrite dans l'espace et le temps.

Né en 1977, Frédéric Leterrier vit à Cherbourg. Il est l'auteur de documentaires de création parmi lesquels Avoir un Indien de réserve (2010). Ses films naissent de rencontres avec des individus pour lesquels l'image pose question. Dans le cadre de commandes, il a travaillé avec les habitants de quartiers faisant l'objet d'opérations de renouvellement urbain. Frédéric Leterrier réalise également des installations vidéos immersives dont récemment Le temps qu'il fera. Chacune joue avec l'espace pour créer une temporalité singulière. Il travaille enfin pour le spectacle vivant et mène régulièrement des ateliers de réalisation.


Lynne Cohen

Frédéric Leterrier




Entretien avec George Dupin
jeudi 10 décembre à 18h


Né en 1966, George Dupin vit à Paris. Il enseigne à l'École européenne supérieure d'art de Bretagne, à Rennes et à l'École nationale supérieure d'architecture Paris-Malaquais.
Depuis 1996, son travail a pour objet les mécanismes contemporains régissant les villes modernes, comme Dubaï, Jérusalem, Pékin, Marne-la-Vallée, Sao Paulo...
En Normandie, il a travaillé sur les villes du Havre et d'Hérouville-Saint-Clair.
Depuis 2013, il poursuit un projet à Saint-Vaast-la-Hougue, site d'une célèbre bataille navale au XVIIe siècle dont il élabore une archéologie en mettant en ?uvre différentes techniques de reproduction-transposition.
Avec Jérôme Saint-Loubert Bié, George Dupin a travaillé sur la construction du nouveau Fonds régional d'art contemporain de Bretagne dont est issu le livre Beauregard, en 2012.
En 2014-2015, il a photographié différents bâtiments de la ville de Bâle à la demande des architectes Herzog et De Meuron.






Entretien avec Vasantha Yogananthan
jeudi 19 novembre à 18h


Lorsqu'il découvre en 2009 la plage de Piémanson en Camargue, Vasantha Yogananthan débute un travail documentaire qu'il poursuivra pendant quatre ans.

La série Piémanson, fruit de ces étés passés sur la dernière plage sauvage de France, est exposée et publiée en 2014. Vasantha Yogananthan co-fonde la maison d'édition Chose Commune en 2014.  Il perçoit le livre comme la forme de monstration privilégiée de son travail. Piémanson, son premier ouvrage, est nominé en 2014-2015 au Prix Nadar, au Prix du livre des Rencontres d'Arles, au Mack First Book Award et au Kassel PhotoBook Festival.

En 2014, il reçoit le soutien du Centre national des arts plastiques et de la Société civile

des auteurs multimédias pour un projet en Inde sur le mythe du Ramayana. A Myth of Two Souls est récompensé en 2015 par le Magnum Photos International Award et le Prix SCAM Roger Pic. Cette série tisse un lien entre récit fictif et historique, via une narration associant photographies couleurs, photographies recolorisées, miniatures et images vernaculaires  du XVIe siècle à nos jours.

Né en 1985, Vasantha Yogananthan vit et travaille à Paris.


site de Vasantha Yogananthan





Entretien avec Olivier Culmann
jeudi 15 octobre à 18h


Le conditionnement social et le libre-arbitre habitent l'?uvre d'Olivier Culmann. À cheval entre l'absurde et le dérisoire, son ?uvre analyse avec une acuité millimétrée la question

de nos vies quotidiennes et de nos rapports avec les images. Revenant sans relâche sur ses obsessions à et les nôtres à, il nous emporte par son humour et son art de la narration.

Membre du collectif de photographes français Tendance Floue depuis 1996, Olivier Culmann (né en 1970) a participé à de nombreuses expositions et publications

en France et à l'étranger.

en savoir plus sur Olivier Culmann













































Maxence Rifflet, reproduction d'un portrait de prisonnier sculpté
par Cécile Raynal au centre de détention de Caen, 2015










 Los Desnudos, un film de Clarisse Hahn,
(vidéo HD 16:9, 13 min., Mexique, 2013)